Une collègue m’avait dit, tu verras, ils font des choses extraordinaires.

J’avais entendu parler de l’Ecole de la 2ème Chance (E2C Grand Hainaut), mais je n’avais aucune idée de ce que ça pouvait être.

Je décide de les appeler. Au bout du fil, Frédérique me met tout de suite à l’aise. Je lui présente mon projet de portraits de femmes, cette idée lui plaît, elle en fait part à Isabelle, la Responsable du site. Nous fixons l’entrevue pour le mercredi suivant.

J’étais un peu intimidée d’arriver comme ça, avec mes questions et mon appareil photo. Sonnerie à l’interphone, ascenseur à code, troisième étage… il faut montrer patte blanche.

L’accueil est très chaleureux. Frédérique m’installe dans la salle de réunion qui a une vue imprenable sur la station de tram Anzin Hôtel de Ville. Café, madeleines, comme une princesse, je vous dis !!!

Par qui vous voulez commencer ? Allez, on se lance !

Frédérique est Assistante pédagogique à l’E2C Grand Hainaut depuis 3 ans.

Elle a débuté sa carrière professionnelle de façon traditionnelle, fondé une famille, jusque-là, rien de particulier. Mais ces expériences lui ont fait entrevoir des domaines qui correspondaient vraiment à sa personnalité.

« J’ai été amenée à faire des choix dans ma carrière et mon caractère me portait vers un métier de proximité avec les jeunes. L’humain me manquait. Quand j’ai rencontré l’Ecole de la 2ème Chance, je me suis dit « c’est ça que je veux faire ! ».

Frédérique a trouvé dans ce milieu toutes les valeurs qui sont les siennes. Empathie, compréhension, pour ces jeunes ayant souvent eu un parcours compliqué. L’école sert aussi à rétablir la confiance dans les autres et en soi-même. Elle accompagne les jeunes de 18 à 25 ans pendant un parcours prévisionnel de 9 mois avec 50% en stage en entreprise.

« Nous sommes la boîte à outils vers la réussite, on ne les assiste pas, on est juste là pour leur montrer qu’ils sont capables. Le succès ici, c’est 50-50, chacun apporte une moitié.

Ils ont tous des profils différents, c’est ce qui fait la complexité et le charme de mon métier. Tous les jours, on lève les freins périphériques qui peuvent compromettre leur réussite ! ».

Frédérique évoque les parcours compliqués des jeunes, et les embûches qu’elle rencontre au quotidien.

« C’est difficile de sensibiliser les autres dans un monde du chacun pour soi. Je suis révoltée par l’indifférence des gens face aux individus dans la difficulté.

Chaque jour, je dois ouvrir les portes fermées pour débloquer des situations parce que ces jeunes exclus du système ont la volonté de s’en sortir. Il faut parfois rencontrer la bonne personne au bon moment pour y arriver ».

Alors que nous faisons la séance photos pour illustrer l’article, un jeune homme arrive, sa petite fille dans une poussette. C’est un ancien stagiaire qui vient dire bonjour, fier d’être à présent autonome et de mener une vie de famille épanouie.

« Chaque pas est une victoire et j’espère donner des couleurs dans cette société. Chaque petit geste est important, c’est comme une rangée de dominos qui part du plus petit de 3 cm et qui va vers des plus grands d’1m50, chaque mouvement a une répercussion vers le suivant ».

Merci Frédérique d’apporter ces couleurs, votre bonheur est contagieux et c’est tant mieux!

 

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