Sabrina, 38 ans, infirmière de nuit en pédiatrie, a accepté de me recevoir chez elle pour parler de son métier. Je sonne et aussitôt les aboiements de ses 2 chiens retentissent. Elle vient ouvrir, je découvre son visage par le carreau de la porte, elle arbore un sourire lumineux.

Les aboiements des chiens font place à de grosses léchouilles qui continueront tout le temps de l’interview.

La première question qui me vient à l’esprit, c’est - pourquoi la nuit ?

« Travailler la nuit est d’abord un choix familial, étant moi-même maman de 3 filles.

Et c’est aussi un univers particulier, il faut être rassurant face à l’angoisse de la nuit, particulièrement avec les adolescents qui n'ont pas le même comportement que les petits. Mon service accueille 25 patients dont j’ai la charge avec mon binôme. Ils ont entre 15 jours et 16 ans ».

On reçoit les enfants, mais aussi les parents, j’imagine que ça ne doit pas être simple tous les jours?

« Oui, parfois, on doit d’abord gérer les parents avant les enfants, il faut qu’ils nous fassent confiance pour nous laisser faire notre métier. Certains parents accompagnent leur enfant mais ce n’est pas toujours le cas : au début de ma carrière, quand j’ai vu cette puce de 9 mois toute seule accrochée aux barreaux du lit, ça m'a vraiment émue, j'avais mal au cœur ».

Durant sa vie professionnelle, Sabrina a connu de très beaux événements mais aussi des moments plus tragiques, comme le décès d’une enfant de 4 ans : « ce sont des faits que l’on n’oublie pas … les cris de la maman vous hante pendant des mois. Dans les cas extrêmes, on bénéficie d’un soutien psychologique, et on échange beaucoup entre collègues aussi ».

Pendant notre conversation, je remarque derrière Sabrina, sur le buffet, une rangée d’orchidées et au mur, des belles photos de famille. Ça ne doit pas être facile de concilier sa vie d’infirmière et sa vie familiale.

« Peu importe les soucis, je laisse ma vie personnelle à la maison. Nous avons des responsabilités vis-à-vis des patients, il ne faut pas se tromper, être vigilants et surtout éviter l'erreur dans le geste médical. Ma plus grande récompense, c’est d’être appréciée par les familles ».

Quelle est la qualité indispensable pour faire votre métier ?

« La qualité primordiale, c’est l'écoute et l’observation, même si le patient ne le dit pas, on sait détecter si cela ne va pas. Dans l’équipe, on aimerait pouvoir être plus disponibles, on regrette le manque de temps, par exemple avec les mamans qui allaitent ».

Sabrina est épanouie dans son travail et espère apporter un peu de soleil et de positif : « j'aimerais qu'il y ait moins de maladie, surtout pour les enfants. J’ai parfois un sentiment d'injustice face à certaines situations quand le sort s'acharne ! ».

Elle ajoute : « je suis fière de dire que je suis infirmière, il y a des jours plus difficiles mais je suis toujours heureuse d’aller au travail ».

Au travers Sabrina, rendons hommage à toutes ces personnes soignantes qui se dévouent pour les patients tous les jours, et qui savent, par leur écoute et leur patience, rendre les difficultés de la vie plus humaines !

 

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